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le 23 avril 2026
Chancel, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Chancel Préfina Ntouta, Docteur en sciences du langage. Mon parcours s’est construit entre la Sorbonne Nouvelle et l’École Normale Supérieure de l’Université Marien Ngouabi, en République du Congo, où j’ai mené ma thèse en cotutelle. Aujourd’hui, je suis assistant permanent à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines et à l’École Normale Supérieure, je m’investis dans l’enseignement et la recherche avec une ouverture à l’international. Je viens d’être qualifié aux fonctions de maître de conférences en sciences du langage (section 7) lors de la campagne 2026.
Quel a été l'objet de votre thèse ?
Mes travaux de thèse ont porté sur : « Les marqueurs discursifs en français parlé au Congo : analyse syntaxico-pragmatique et implications didactiques ». Les marqueurs discursifs sont des unités linguistiques à valeur pragmatique dont la teneur échappe au fonctionnement syntagmatique des différentes catégories grammaticales traditionnelles. Ils constituent une classe lexématique ayant subi une dégradation de leurs qualités prédicatives et morphosyntaxiques. Ces unités linguistiques, monnaie courante à l’oral, fonctionnent avec le statut de constituants non-régis dans le discours. Dans ce contexte, ces marqueurs (et tout, voilà/d’accord, tu vois, quoi, etc.) se transforment en un défi pour la didactique et impliquent l’exploitation de documents authentiques (corpus oraux). L’objectif de cette étude a consisté à didactiser les marqueurs discursifs en contexte scolaire congolais. Il s’agissait de circonscrire les principes fonctionnels des marqueurs discursifs dans le discours ; déterminer leurs régularités dans l’unité syntaxique prédicative ; dégager leurs valeurs sémantico-pragmatiques dans le discours et proposer une transposition pour leur didactisation en contexte congolais.
Maintenez-vous des liens de collaboration avec votre équipe de recherche ?
La thèse constitue une porte d’entrée dans le domaine de la recherche scientifique. Celle-ci ne se fait pas de manière isolée ; elle implique au contraire des partenariats et des collaborations. Aussi je collabore et continuerai à collaborer avec mon équipe de recherche (Clesthia). Un numéro de Corela a d’ailleurs été publié en février dernier, auquel j’ai pu contribuer. J’entretiens également de solides liens avec nos collègues docteur(e)s et doctorant(e)s, avec certain(e)s desquel(le)s nous avons eu l’occasion de publier en co-auteur(trice)s.
Avez-vous fait un séjour de recherche dans le cadre de votre doctorat ?
J’ai bénéficié d’une bourse du gouvernement français afin de mieux préparer ma thèse. Dans ce cadre, j’ai effectué trois missions en République du Congo pour mon travail de terrain. À cela s’ajoutent une école d’été ainsi que la participation à différents colloques.
Quel a été votre parcours professionnel après l'obtention de votre doctorat et quel poste occupez-vous aujourd'hui ?
S’agissant de mon parcours, après ma soutenance du 16 décembre 2024, j’ai occupé un poste de professeur de lettres modernes dans l’académie de Reims. Actuellement, je suis recruté en tant qu’enseignant permanent, assistant, à l’Université Marien Ngouabi, en République du Congo. J’enseigne à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines ainsi qu’à l’École Normale Supérieure de cette même université.
Avec du recul, quels bénéfices retirez-vous de votre travail de doctorat et de la formation doctorale ?
Réaliser un travail scientifique de telle envergure présente de nombreux atouts, tant sur le plan intellectuel, scientifique que socioprofessionnel. Tout d’abord, sur le plan intellectuel, la réalisation de ma thèse m’a permis d’acquérir et de développer des compétences transversales, me permettant de m’adapter aux exigences intellectuelles du XXIe siècle : gagner en autonomie, développer la capacité de conduire un projet selon une méthodologie rigoureuse, fondée sur un haut niveau d’analyse, afin d’obtenir des résultats fiables.
Ensuite, sur le plan scientifique, j’ai été formé à la rédaction de travaux scientifiques et à la communication à l’échelle nationale et internationale (colloques), en m’appuyant sur des théories et des approches avérées. Cela m’a permis d’approfondir davantage mes compétences dans mon domaine de spécialité. Enfin, cette expérience a facilité mon insertion socioprofessionnelle : être enseignant permanent dans une université exige au minimum un doctorat et permet de développer différentes collaborations et partenariats à partir de ce statut.
Quels sont vos projets futurs ?
Mon ambition est de poursuivre la collaboration avec les laboratoires de recherche (Clesthia et GreMS) afin de développer davantage de projets scientifiques. Au quotidien, il s’agit de concilier les deux activités professionnelles : enseignant et chercheur. Dans cette perspective, j’envisage de nouveaux axes de recherche en linguistique et en didactique, de collaborer à l’encadrement de nos futur(e)s étudiant(e)s.
Avez-vous des conseils pour les doctorant(e)s de la Sorbonne Nouvelle ?
La thèse demande certes une forte implication et un investissement personnel important, mais, pour être efficace, il est essentiel d’échanger régulièrement avec ses collègues du laboratoire. Il ne faut pas s’enfermer sur soi-même : il convient de discuter de ses sujets de recherche et de partager ses expériences. Pour mieux se former, il est également recommandé de participer aux différents séminaires liés à son champ d’étude. Enfin, il est important de valoriser ses résultats de recherche lors des activités du laboratoire, notamment les journées d’étude (JE) et les colloques.
mise à jour le 7 mai 2026