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Rencontre avec Mezane KONUK, Docteure en linguistique

 

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  • Mezane KONUK, pouvez-vous présenter votre parcours universitaire ?

J’ai commencé mes études supérieures à Istanbul, en Turquie, où j’ai obtenu ma licence en Linguistique comparée et langues étrangères appliquées à l’Université Galatasaray. Un an plus tard, j’y ai poursuivi un Master de recherche en Langue et littératures françaises. À cette époque, un accord de double diplomation entre l’Université Galatasaray et l’Université Paris-Est Créteil m’a permis de venir en France en tant que boursière du Gouvernement français pour valider mon Master 2 en Littératures, Discours, Francophonies. Mes recherches de Master portaient sur le syntagme nominal dans quatre dialectes occidentaux du tcherkesse — la langue maternelle de mes grands-parents. Suite à la soutenance de mon mémoire, j'ai obtenu un contrat doctoral à l’Université Sorbonne Nouvelle pour approfondir mes recherches sur le tcherkesse. Après cinq ans de travail, j’y ai soutenu ma thèse en Sciences du langage.

  • En 2022, vous avez soutenu votre thèse "Description grammaticale de l'abzakh - tcherkesse occidental" Comment avez-vous élaboré votre sujet de recherche et comment s'est déroulée votre thèse ? 

Je suis issue d’un peuple de la diaspora tcherkesse vivant en Turquie. La transmission de la langue aux jeunes générations s’est essoufflée à partir des années 70, en raison de l’exode rural vers les grandes villes et de politiques linguistiques peu favorables au maintien des langues minoritaires. De ce fait, mes parents ont principalement des acquis passifs : ils comprennent la langue mais ne la parlent que par nécessité. Pourtant, enfant, j’entendais mes grands-parents parler cette langue « énigmatique ». Mon intérêt pour la linguistique m'a poussée à vouloir l'apprendre, mais les cours associatifs ne suffisaient pas. Le déclic a eu lieu lors d'un séminaire de Master à l'Université Galatasaray : j'ai présenté le système "temps-aspect-mode" en tcherkesse et mon professeur m'a encouragée à poursuivre ces recherches en France. C'est ainsi que j'ai décidé de travailler sur « ma langue ». Les années de thèse ont été jalonnées d'épreuves, dont la crise du Covid-19, mais grâce au soutien de mon directeur de thèse, Alexis Michaud, j'ai pu aller au bout de ce chemin exigeant.

  • Quel poste occupez-vous aujourd'hui ? 

Je suis enseignante-chercheuse contractuelle à l’Université Grenoble-Alpes, au sein de l’UFR LLASIC.

  • Mobilisez-vous dans ce poste des connaissances et savoirs acquis durant vos années de thèse ? 

Absolument. Les cours qui m'ont été confiés s’alignent parfaitement sur mes compétences. Les séminaires suivis durant mon doctorat ainsi que mes premières expériences professionnelles me permettent aujourd'hui de construire mes enseignements en syntaxe, morphosyntaxe et lexicologie, qui sont les piliers des départements de Sciences du langage partout dans le monde.

  • Quels conseils donneriez-vous aux doctorant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ?
Faire une thèse est un engagement complexe qui demande de prendre en compte de nombreux paramètres. Je ne dirais pas qu'une fois la décision prise, le reste devient facile. Mon humble conseil serait de suivre sa voix intérieure et de ne pas céder au découragement face aux épreuves dures, psychologiques ou émotionnelles. Si le sujet vous passionne et que vous restez déterminé·e malgré les obstacles, vous finirez par atteindre votre but. C’est grâce à ma détermination qu’aujourd’hui je fais le métier qui me plaît. 

 

Type :
Portrait
Contact :
Brigitte Chotel et Jérôme Lebrun
Lieu(x) :
 
Partenaires :
 

mise à jour le 14 avril 2026