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Rencontre avec Davide Trentacoste, Docteur en Langues, civilisations et sociétés orientales - études iraniennes

 

Davide Trantacoste a soutenu en 2021 la thèse "Granducato di Toscana e Persia Safavide. Informazione, politica e diplomazia mediterranea e levantina nel XVII secolo" en co-tutelle avec l'Université de Teramo sous la direction de Mme Maria SZUPPE et de M. Giovanni PIZZORUSSO

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 Davide, pouvez-vous présenter votre parcours universitaire ?

J’ai obtenu une licence en histoire médiévale (Laurea Triennale in Storia Medievale) en 2012 à l’Université de Florence, où j’ai également obtenu, en 2015, un master en sciences historiques. (Laurea Magistrale in Scienze Storiche). Tant la licence que le master étaient consacrés à l’étude de l’histoire du bassin méditerranéen, envisagé comme un espace d’interactions entre les différentes civilisations qui se sont développées sur ses rives, du Haut Moyen Âge à l’époque napoléonienne. Ces civilisations, malgré les nombreux conflits qui les opposaient, entretenaient des formes de communication et établissaient des relations diplomatiques capables de dépasser leurs différences. Dans ce contexte, j’ai progressivement développé un intérêt marqué pour l’histoire diplomatique, en particulier dans les relations entre États chrétiens et États islamiques.

 

En 2021, vous avez soutenu votre thèse « Granducato di Toscana e Persia Safavide. Informazione, politica e diplomazia mediterranea e levantina nel XVII secolo ». Comment avez-vous élaboré votre sujet de recherche et comment s'est déroulée votre thèse ?

Dans le prolongement de l’intérêt que je développais pour l’histoire diplomatique interculturelle et interreligieuse, j’ai pris du temps pour mener des recherches de manière autonome à l’Archivio di Stato di Firenze (Archives d’État de Florence), qui conserve la documentation produite par le Grand-Duché de Toscane sous le gouvernement de la famille Médicis (XVIe–XVIIIe siècles). J’y ai consulté des sources relatives aux relations diplomatiques entre les Médicis et la dynastie safavide, alors au pouvoir en Perse. Une fois la documentation nécessaire rassemblée, j’ai élaboré un projet de recherche consacré à l’étude des relations entre la Toscane et la Perse au XVIIe siècle, en tenant compte de différents aspects de la diplomatie, notamment la collecte de l’information et le contexte politique de l’époque. En 2017, ce projet a été présenté à plusieurs appels à candidature auprès d’universités italiennes, et l’Université de Teramo s’est montrée intéressée à m’offrir la possibilité de le mener à bien. À l’issue d’une procédure de sélection (les places en doctorat en Italie étant limitées), au cours de laquelle mon projet a été classé deuxième, un directeur de recherche m’a été attribué afin de m’accompagner dans mon parcours de formation à la recherche, que je définirais comme l’apprentissage du métier d’historien.

Il s'agissait d'une thèse soutenue en Cotutelle avec l'Université de Teramo, quels bénéfices ou difficultés avez-vous rencontré/tiré de cette co-tutuelle ?

L’un des problèmes que posait ma recherche doctorale était que ma formation d’historien manquait, malheureusement, d’une pratique suffisante des aspects « orientaux » de la question diplomatique que je souhaitais analyser. Il était donc nécessaire de trouver une personne capable de me former et de m’accompagner dans l’acquisition des connaissances et des compétences nécessaires pour aborder les questions liées à la Perse et à l’islam de l’époque. Cette personne a été identifiée en Maria Szuppe, chercheuse au CNRS et professeure à la Sorbonne Nouvelle. Nous sommes parvenus à cette identification grâce aux réseaux professionnels et personnels de mon directeur de recherche en Italie et de la professeure Szuppe, qui, bien qu’ils ne se connaissent pas personnellement, partageaient des connaissances communes. Après les premiers contacts et échanges, la mise en place de la cotutelle s’est révélée relativement simple, notamment grâce au soutien de l’administration de la Sorbonne Nouvelle. Les bénéfices de cette cotutelle ont été, et demeurent, essentiels à la réussite de ma recherche : ils concernent non seulement l’acquisition de nouvelles compétences, mais aussi la possibilité d’évoluer dans un environnement académique différent, où j’ai pu échanger avec des spécialistes que je n’aurais probablement jamais rencontrés autrement. En outre, l’accès à d’importantes ressources bibliographiques et la possibilité de travailler dans des institutions telles que la Bibliothèque nationale de France, le CNRS et la Sorbonne Nouvelle m’ont permis de tirer un grand profit de cette expérience. Au-delà des aspects strictement académiques, cette cotutelle a représenté une opportunité exceptionnelle de séjourner longuement à l’étranger, de vivre des expériences diverses et d’améliorer ma maîtrise de langues autres que ma langue maternelle et l’anglais.

 

Quel poste occupez-vous aujourd'hui ?

Je suis chercheur à durée déterminée à la Scuola Normale Superiore, en Italie (École Normale Supérieure de Pise), où je suis titulaire d’un contrat de recherche biennal et responsable de la conduite d’un projet de recherche que j’ai conçu et élaboré moi-même.

 

Mobilisez-vous dans ce poste des connaissances et savoirs acquis durant vos années de thèse ?

Bien entendu, je n’aurais pas pu obtenir le poste que j’occupe aujourd’hui sans l’expérience et les connaissances acquises durant mes années de doctorat. Si je peux aujourd’hui me prévaloir de collaborations internationales, d’un réseau de recherche solide, y compris en dehors de l’Europe, ainsi que d’une certaine crédibilité dans le milieu académique, je le dois à ce que j’ai appris pendant mon doctorat, tant en France qu’en Italie. La méthode de travail, l’approche de la recherche, le « métier d’historien » : autant de compétences et de savoirs qui s’acquièrent difficilement sans une combinaison adéquate de mentorat et d’environnement académique. Ce que l’on apprend à ce moment-là est précisément ce que l’on mettra en pratique dans les années suivantes. La mobilisation constante de ces acquis est essentielle dans mon activité actuelle et a été déterminante pour me permettre d’accéder à la position que j’occupe aujourd’hui..  

 

Quels conseils donneriez-vous aux doctorant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ?

Je me permets de donner trois conseils, surtout à celles et ceux qui souhaitent poursuivre un parcours académique. Le premier est de ne jamais renoncer à suivre sa curiosité, car même s’il n’est jamais certain de savoir à quel résultat la recherche de réponses mènera, l’aboutissement sera toujours positif : ne serait-ce que parce que vous aurez appris quelque chose de nouveau. Pour ma part, après le master, je n’étais absolument pas certain de ce que je ferais ; et si je n’avais pas mené ces recherches aux Archives d’État de Florence, je n’aurais peut-être jamais élaboré le projet qui m’a ensuite conduit à entreprendre un doctorat international, puis à vivre des expériences de recherche dans des institutions de recherche prestigieuses. Le deuxième conseil est de faire confiance à votre directeur ou directrice de recherche, car c’est cette personne qui vous aidera à vous intégrer et surtout à vous orienter avec succès dans le monde académique. Le partage de son expérience est quelque chose qui ne peut pas s’apprendre seul, contrairement à bien d’autres aspects du métier. Enfin, le dernier conseil est de tirer parti de ce que l’Europe unie met à votre disposition, non seulement en termes de financements et d’opportunités de recherche, mais surtout en matière de liberté de circulation et de collaboration. Par exemple, une cotutelle internationale n’est pas facile à obtenir en raison de la bureaucratie et des différences entre les systèmes universitaires nationaux ; néanmoins, l’Europe facilite considérablement les processus d’intégration et de mobilité internationale pour les étudiants et les chercheurs. Le travail académique n’est pas simple et ne produit pas toujours des résultats ou des satisfactions immédiats ; mais lorsqu’ils arrivent, ils sont inestimables pour la croissance personnelle et professionnelle. Toutefois, on ne peut y parvenir sans curiosité, sans encadrement et sans un environnement capable de favoriser le développement, la connaissance et l’apprentissage, et surtout sans liberté. 


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mise à jour le 14 avril 2026