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Célia Beroual : De la Sorbonne Nouvelle à Northwestern University ; porter l'analyse cinématographique française outre-Atlantique

le 30 avril 2026
 

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Vous avez effectué un semestre d'échange à Northwestern University aux États-Unis. Comment cette immersion a-t-elle enrichi votre vision de la médiation culturelle et du cinéma par rapport à votre cursus à la Sorbonne Nouvelle ?

Ce semestre à Northwestern a été très marquant, car il m’a permis de compléter mon parcours à la Sorbonne Nouvelle avec une dimension plus pratique, que je recherchais personnellement. En licence de médiation culturelle, j’ai acquis une solide formation théorique, notamment en cinéma, avec une approche davantage analytique. À Northwestern, j’ai pu découvrir un enseignement combinant théorie et pratique, avec un travail en studio et sur plateau (écriture, tournage, montage, travail en équipe). J’ai notamment été assistante réalisatrice sur un court-métrage de fin de semestre. La pédagogie, très participative, m’a aussi beaucoup marquée. Cette immersion a enrichi ma vision du cinéma en me permettant de me projeter davantage dans une approche créative.

Vous êtes actuellement en Master 1 ICO (Images et Création Contemporaine) à Cergy Paris Université. Qu'est-ce qui vous a motivée à vous orienter vers la création contemporaine après une licence axée sur la médiation ?

Après une licence en médiation culturelle, j’ai choisi le Master ICO pour rester dans la continuité de mon parcours tout en explorant davantage la création contemporaine. Cette année a aussi été un moment important de remise en question. Je me suis rendu compte que cette orientation ne correspondait pas pleinement à mes aspirations, notamment après mon expérience à Northwestern, qui avait renforcé mon intérêt pour des pratiques plus concrètes du cinéma comme la production et la réalisation. Plutôt que de voir cela comme une erreur, je le considère comme une étape de clarification : elle m’a permis de mieux comprendre ce que je voulais faire et d’affiner mon projet. Aujourd’hui, je souhaite m’orienter davantage vers des formes de création audiovisuelle plus pratiques et engagées.

Vous avez travaillé comme assistante de production (son et image) pour les JO 2024 à Nice et Paris. Quel a été le plus grand défi technique ou organisationnel que vous avez rencontré sur un événement d'une telle envergure mondiale ?

Mon expérience comme assistante de production pour les JO 2024 a été très formatrice, à la fois en image et en son. À Nice, j’étais assistante caméra sur les épreuves de football, en charge d’observer les réactions du public et de guider le cadreur pour capter les moments les plus intéressants. C’était un travail très rythmé, avec beaucoup de pression et d’imprévus, notamment en raison de la taille de l’événement et du manque de temps pour les consignes. Nous devions donc faire preuve de beaucoup d’autonomie, d’adaptation et d’entraide au sein de l’équipe. J’ai également travaillé sur les épreuves de golf en tant qu’assistante son, ce qui représentait un autre type de responsabilité : capter un son diffusé directement en télévision, avec une forte exigence de précision. C’était particulièrement stressant, car le son enregistré était celui entendu en direct par le public. Les conditions de tournage, notamment la chaleur et les longues journées sur le terrain, rendaient aussi l’expérience exigeante. Dans les deux cas, j’ai surtout retenu l’intensité du rythme et la nécessité de rester concentrée et adaptable en permanence.

Entre votre rôle d'assistante réalisatrice sur le court-métrage "Hammerspace" et votre propre réalisation pour le Nikon Film Festival, comment définiriez-vous votre style ou votre approche de la narration visuelle ?

Sur ces deux expériences, j’ai surtout découvert différentes façons d’aborder la narration visuelle. Sur Hammerspace, en tant qu’assistante réalisatrice, j’étais davantage dans l’organisation du tournage : planning, coordination entre les équipes, préparation des shot lists et lien entre la réalisatrice et les acteurs. Cela m’a permis de comprendre la fabrication d’un film dans sa dimension collective et structurée. Pour mon court-métrage au Nikon Film Festival, réalisé de manière plus autonome avec un iPhone, j’ai expérimenté une approche plus intuitive et personnelle de la réalisation. Cette différence m’a fait comprendre que j’oscille entre un intérêt pour la construction collective d’un projet et une envie d’exploration plus libre. Je ne définirais pas encore mon style comme totalement abouti ; il est encore en construction. Avec le temps, j’aimerais justement affiner une écriture plus personnelle, mais aujourd’hui mon travail reste encore dans une phase d’exploration.

Aujourd'hui assistante pour le programme Brown In Paris, comment utilisez-vous votre propre expérience de mobilité internationale pour accompagner les étudiants de Brown University ?

Après mon retour de Northwestern, j’ai ressenti le besoin de rester en lien avec mon expérience internationale et de continuer à évoluer dans un environnement multiculturel à Paris. C’est dans ce contexte que j’ai rejoint le programme Brown in Paris, après avoir également eu quelques expériences ponctuelles avec d’autres programmes comme NYU. Mon rôle consiste principalement à accompagner les étudiants dans leur intégration à Paris, notamment à travers des cafés linguistiques et des échanges en français autour de la vie quotidienne, de la culture française ou encore des méthodes de travail. L’objectif est de les aider à s’adapter à leur environnement et à vivre pleinement leur immersion en français. Mon expérience personnelle à Northwestern me permet d’avoir une forme d’empathie particulière pour leur situation. J’ai moi-même vécu un choc culturel en arrivant aux États-Unis, puis un retour parfois difficile en France. Cela me permet de mieux comprendre leurs questionnements et de les accompagner avec des conseils concrets, mais aussi une écoute attentive. C’est une expérience très enrichissante, qui fait écho à ce que j’ai moi-même reçu lors de ma mobilité.

Vous avez été Jeune ambassadrice de l'Unicef. Dans quelle mesure ces valeurs d'engagement social influencent-elles vos projets artistiques ou votre vision du milieu culturel ?

J’ai été jeune ambassadrice de l’UNICEF pendant mon année de terminale. Il s’agissait d’une expérience relativement courte, au cours de laquelle j’ai participé à quelques actions de sensibilisation. À l’époque, il m’était difficile de m’engager davantage en parallèle de mes études, et je n’ai pas poursuivi cet engagement par la suite. Cependant, cette expérience m’a marqué par les valeurs qu’elle véhicule, notamment l’engagement social, la sensibilisation et l’attention portée aux autres. Ce sont des valeurs qui m’accompagnent encore aujourd’hui et qui font écho à ma manière d’envisager le milieu culturel et artistique. Dans ma pratique, je m’intéresse à des formes comme le documentaire, qui permettent d’aborder des sujets de société et de porter un regard sur le monde. De manière plus générale, je vois l’art comme un espace qui peut contribuer à éveiller des questionnements et à transmettre une forme de conscience du réel, même à petite échelle.

Pratique du théâtre, de la flûte traversière et de la clarinette au Conservatoire... Comment cette solide formation artistique nourrit-elle votre travail quotidien dans l'audiovisuel ?

J’ai suivi une formation artistique au conservatoire dès l’âge de 8 ans, jusqu’à environ 14 ans, en flûte traversière, clarinette puis théâtre. Cette pratique, très régulière, m’a apporté une discipline importante, notamment à travers le solfège, les cours théoriques, les répétitions et les représentations. Le théâtre m’a appris le travail collectif, la rigueur du texte et la gestion du jeu en groupe, tandis que la musique m’a développée sur l’écoute, le rythme et le sens du détail. J’ai également poursuivi la musique de manière autonome par la suite, notamment avec le piano. J’accorde beaucoup d’attention à la bande sonore, qui selon moi joue un rôle essentiel dans la construction des émotions et de l’atmosphère d’un film. Ces pratiques ont donc profondément structuré ma sensibilité artistique.

Avec un niveau C1 en anglais et un excellent score au TOEFL, quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent s'ouvrir des portes à l'international dans le secteur de la culture ?

Même si j’avais déjà un bon niveau d’anglais, mon expérience à Northwestern m’a permis de comprendre qu’un niveau académique en France ne correspond pas toujours aux exigences d’un environnement universitaire international. Les premières semaines ont été un vrai temps d’adaptation, notamment face au rythme des cours et au vocabulaire spécifique. Progressivement, j’ai gagné en aisance jusqu’à me sentir beaucoup plus à l’aise dans la compréhension et l’expression au quotidien. Avec le recul, je conseillerais aux étudiants de s’exposer le plus possible à une langue étrangère de manière régulière et immersive : films en VO, podcasts, vidéos, idéalement avec une progression progressive des sous-titres vers la langue originale. L’essentiel est de créer une pratique constante plutôt que ponctuelle. Plus largement, je pense qu’il est important de s’investir sérieusement dans une langue étrangère, quelle qu’elle soit, car cela ouvre réellement des opportunités internationales, notamment dans les domaines culturels. Mon propre parcours m’a montré à quel point cette compétence peut faciliter des expériences comme mon semestre à l’étranger ou mon stage actuel. C’est une chance que je considère aujourd’hui comme déterminante dans mon parcours.

Quels sont vos prochains objectifs professionnels après l'obtention de votre Master ? Y a-t-il un domaine spécifique de l'image que vous rêvez d'explorer davantage ?

Concernant mes objectifs professionnels après l’obtention de mon Master, j’aimerais m’orienter davantage vers la production ou la création de projets audiovisuels. La direction artistique m’intéresse également beaucoup, mais je reste ouverte à différentes possibilités au sein du champ de l’image. Ce qui m’importe surtout, c’est de travailler dans un environnement créatif, idéalement avec une ouverture internationale. J’aimerais pouvoir m’impliquer dans des projets concrets et continuer à développer ma pratique dans le domaine du cinéma et de la création audiovisuelle.


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mise à jour le 30 avril 2026