Les exemples d'hommes maltraitant physiquement les femmes sont nombreux dans la littérature médiévale, comme dans le fabliau "Les tresses", où un mari tire sa femme par les cheveux puis les lui coupe, ou dans l'épisode du « mari jaloux » du très populaire "Roman de la Ros"e, qui comporte une scène de violence publique. En revanche, les nombreux plafonds peints de la fin du Moyen Âge inversent parfois la dynamique du pouvoir en représentant des femmes dominant leurs maris et les frappant. Un autre type de violence est la charge mentale, dénoncée et renversée sur l'homme dans la Farce du cuvier, qui consiste en toutes les tâches subalternes que les femmes prémodernes accomplissaient régulièrement. La violence morale et émotionnelle est également mise en scène, comme dans l'exemplum de Griselidis, dont la patience et la vertu d'épouse sont continuellement mises à l'épreuve. Les animaux, toujours présents dans les illustrations d'espaces intérieurs, étaient également victimes de comportements violents arbitraires. Des tiers pouvaient également introduire la violence dans la sphère domestique, comme les prêtres libidineux qui aidaient les maris pauvres dans le seul but d'obtenir des faveurs sexuelles de la part de leurs épouses, ou encore dans les nombreux cas de violences domestiques et de viols que l'on trouve dans les archives judiciaires. Enfin, les représentations de violences sexuelles historiques étaient largement utilisées pour orner les manuscrits enluminés et décorer les espaces domestiques, le plus souvent, mais pas exclusivement, avec Europe, les Sabines, Lucrèce et Hélène de Troie.