Accueil >> Recherche >> Actualités >> Colloques - journées d'études
Recherche
le 10 février 2025
09h00-19h00
Journée d’étude
du
Groupe de Recherches Interdisciplinaires
sur l’Histoire du Littéraire
Mardi 10 février 2026
9h15-19h00
Maison de la Recherche
de La Sorbonne nouvelle
4 rue des Irlandais
Paris V
Salle Athena
Programme
9h15 - Accueil
9h30 – Introduction. Christian Jouhaud, Judith Lyon-Caen, Marine Roussillon
10h15 – Session 1 : Papiers en attente de transmission
10h15 – Laure Depretto : Transmettre et hériter : les descendants de Sévigné
11h – Juliette Deloye : Archiver la littérature en famille (xviiie-xixe siècle)
11h45 – Marine Lépinard : Les mains à l'œuvre : transmettre les papiers d'Alfred de Musset
12h30 – Pause déjeuner
14h – Session 2 : Matérialité de la transmission littéraire
14h - Mathilde Bombart et Laurence Giavarini : Posséder, collectionner, éditer. L'érudition comme pratique sociale dans les années 1850
14h45 – Kate Tunstall : Léguer des meubles et des écrits : le testament de Mlle de Lespinasse
15h30 – Pause
15h45 – Session 3 : Enseigner
15h45 – Stéphanie Loncle : Autour des scènes d’enseignement du théâtre
16h30 – Dinah Ribard : Enseigner, écrire, transmettre
17h15 –Pause
17h30 – Discussion générale
19h – Clôture de la journée
Présentation
Transmettre des biens matériels ou symboliques, des noms, des valeurs, des idées ; organiser la transmission par des rituels qui font eux-mêmes l’objet de transmissions ; assurer la reproduction de l’ordre social ou la mettre en cause : autant de questions, prises à différentes échelles, qui ne cessent d’occuper les sciences sociales. Mais quand on s’intéresse à l’acte même de transmettre, dans l’ici-et-maintenant d’une pratique, la temporalité de la transmission et l’histoire propre de ses outils s’en trouvent déplacées.
Parmi ces outils le rôle des écrits est évident. La question se pose alors de savoir comment joue sur l’acte de transmettre la valorisation de certains d’entre eux comme littérature. L’histoire du littéraire s’attache aux conditions socio-politiques de production, de publication, de réception et de valorisation (voire de canonisation) des écrits. Et donc à ce que ces processus de qualification et de valorisation font au monde social dans le temps de la production et de la diffusion des écrits. La question posée lors de notre journée d’étude est d’observer aussi ce que ces processus font à la transmission elle-même, regardée comme expérience sociale, symbolique, intellectuelle et parfois spirituelle inscrite dans le temps.
Nous faisons ainsi le pari de renoncer à penser la transmission à partir d’analyses fondées sur l’aptitude intrinsèque des objets étudiés à traverser le temps. Nous nous concentrons plutôt sur les actes historiquement situés qui accomplissent les gestes du transmettre dans leur spécificité et souvent leur fragilité. Il s’agit par là non pas d’évaluer le transmis mais de contribuer à l’appréhension historique du transmettre.
Cette journée d’étude, qui n'est pas un mini-colloque, se veut une occasion de mettre en discussion une série d’hypothèses formulées à partir de terrains et d’objets très variés. C’est pourquoi nous proposons d’abord une séquence introductive à plusieurs voix qui permette d’emblée de confronter des réflexions sur l’acte de transmettre, avant quelques interventions qui donneront chacune lieu à une discussion collective.
Cinq ensembles de questions ne seront pas perdus de vue :
1- Si on regarde les pratiques du transmettre à propos d’écrits à première vue non littéraires (des "papiers"), comment prendre en compte, dans la problématique de la transmission, leur pénétration par des logiques de la valeur « littéraire » ? Comment la littérature investit-elle les pratiques scripturaires de l’héritage ?
2- Les processus de littérarisation d’un écrit, les processus sociaux de sa qualification comme « littérature », passent souvent par des formes de dématérialisation : valorisé comme « texte », l’écrit littéraire circule indépendamment des supports matériels qui sont d’abord attachés à son existence, mais, valorisé comme « littérature », il se rematérialise à travers le temps, du livre de poche à l’écran de téléphone. Que devient le projet initial de transmission dans les supports de cette rematérialisation ?
3- Quelle puissance de la littérature instituons-nous quand elle est convoquée dans des rites qui prennent en charge les moments critiques, éventuellement douloureux, de la transmission comme réalité sociale et anthropologique (naissances, mariages, deuils) ?
4- Comment saisir, dans une analyse historique de l'acte, la différence entre l'observation des résultats d'un projet de transmettre et l'observation des résultats d'une transmission perçue comme telle par un(e) destinataire mais nullement prévue par qui en a été involontairement ou accidentellement producteur ?
5- Que deviennent un énoncé oral ou une performance dès lors qu’ils sont transmis par des écrits ? L’alternative entre effacement de certaines caractéristiques de l’oralité ou du spectacle vivant, ou, au contraire leur soulignement, éventuellement critique ou ironique, peut-elle être regardée autrement que comme conflit entre deux intentions de transmettre?
Maison de la recherche - Salle Athéna
4 rue des Irlandais,
75005, Paris
mise à jour le 18 décembre 2025