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Pourquoi relire les oraisons funèbres de Bossuet ? Actualités d'un genre-fantôme

le 6 décembre 2025
 

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Journée d’étude organisée par l’équipe FIRL et la Société des Amis de Bossuet

Organisatrice : 
Anne Régent-Susini

Présentation

Qui a peur de l’oraison funèbre ? Depuis son « âge d’or » sous Louis XIV, ce genre aurait-il connu l’extinction ? Pas tout à fait : des oraisons funèbres du XVIIe siècle, dontquelques manuels littéraires gardent le souvenir, aux hommages présidentiels offertsen France aux « panthéonisés » (le dernier en 2024) la scénographie n’est certes plus tout à fait la même, mais le discours semble conserver pour sa part une fonction institutionnelle voire institutionnalisante (c’est une certaine image de la cité qu’elle contribue à construire), et certaines contraintes du genre (la solennité, le haut degré, etc.). Aussi l’oraison funèbre n’est-elle pas absolument passée : rémanent quoique sans doute de plus en plus vague, son souvenir semble subsister à l’horizon de certains discours publics ou semi-publics d’hommage à un(e) défunt(e). C’est à partir du cas des Oraisons funèbres de Bossuet, longtemps passage presque obligé des cours de littérature et à ce titre grandes représentantes du genre dans la mémoire collective, que nous nous proposons de contribuer à un réexamen de ce que l’on peut nommer, dès lors, un genre-fantôme. Alors qu’étonnamment aucun volume collectif ne leur a jamais été consacré, ces Oraisons, auxquelles on a prêté une dimension archétypale, offrent en effet une très riche matière pour explorer les enjeux d’un genre très tôt envisagé – voire dénoncé – comme l’emblème de la rhétorique, et pourtant « littérarisé » dès la naissance de la « littérature ». Dans la mesure où les oraisons funèbres de Bossuet ont incarné une forme d’idéal à la fois rhétorique et littéraire, elles fournissent un terrain privilégié pour explorer une appropriation singulière (singulière au point d’être perçue comme «littéraire») des codes rhétoriques d’un genre institutionnel et fortement contraint. Mais l’articulation entre le singulier et le collectif s’y joue aussi sur un autre plan : car célébrer le défunt, c’est conjointement célébrer un individu et la (ou plutôt les) collectivité(s) auxquelles il se trouve lié et pour lesquelles l’orateur prend la parole : la famille, la communauté politique, la communauté religieuse. Dès lors, l’oraison funèbre se veut à la fois unique et commune : célébration d’un(e) seul(e) et rassemblement de tous, déploration d’une perte irrémédiable et proclamation d’une continuité par-delà la disparition. Ce sont ces questions que la journée se propose d’explorer, en croisant des perspectives diverses : rhétorique, stylistique, histoire littéraire, sociologie de la littérature.
 
La journée se terminera par un récital musical autour de la prédication et du plain-chant du XVIIe siècle, à l’église Saint-Paul-Saint-Louis, où ont prêché, entre autres, Bourdaloue, Bossuet et Fléchier.

Type :
Colloque / Journée d'étude
Lieu(x) :
 Université Sorbonne Nouvelle

Salle Bourjac
17 rue de la Sorbonne
Paris 5ème

 

mise à jour le 7 novembre 2025