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Plein feu sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction / Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation

du 22 octobre 2026 au 23 octobre 2026

 

Organisation :  

Amanda Murphy (Maîtresse de conférences, PRISMES, TRACT, Université Sorbonne Nouvelle)
Pauline Jaccon (Maîtresse de conférences, IMAGER, LanguEnact, Université Paris-Est Créteil)
Enora Lessinger (Senior Lecturer, Oxford Brookes University)


Présentation : 

La notion de visibilité et son pendant négatif, l’invisibilité, hantent depuis longtemps la traduction, dont l’éthique est régie par l’injonction de la transparence et de l’effacement. Par exemple, selon Kate Briggs, Helen Lowe-Porter - la traductrice de Thomas Mann - décrivait sa mission traductive comme celle d’un “instrument inconnu, un outil utile pour le service qu’il fournit, occupé à déshabiller puis à rhabiller avec précaution le texte d’art littéraire afin qu’il convienne à un nouveau marché ; comme une femme de chambre.” (Briggs 2018 : 36, notre traduction). Face à ces conceptions de la traduction comme d’une pratique ancillaire, et, de plus en plus avec l’avènement de la traduction automatique, comme d’une pratique mécanisable, les traducteurs et traductrices peuvent adopter des stratégies de visibilisation pour entrer en résistance.

Dans une industrie de la traduction contemporaine où les femmes et minorités de genre représentent 78% des traductaires en activité (Gilbert 2025), la question de la visibilité se pose à l’intersection de celle du genre. Depuis les années 1970, la traduction trouve sa place au sein des débats sur le genre. La traduction, considérée comme féminine et dérivative, se devrait ainsi de servir un texte source masculin et autoritaire. Pourtant, Nicole Brossard l’explique bien, la traduction est une pratique qui, par définition, fait exister quelque chose dans la langue de départ qui n’existait pas dans la langue d’arrivée. La traduction peut ainsi s’atteler, lorsqu’elle est politisée, à rendre visible et dicible l’expérience des femmes et de toute autre minorité de genre, là où les langues et leur historicité tendent à les invisibiliser. Dans le sillage de ces considérations, le colloque Pleins feux sur (i)elles cherche à placer la figure et les pratiques de la traductrice, une fois n’est pas coutume, au centre de la scène.

Pour ce faire, le colloque accueillera des présentations académiques, mais aussi des témoignages et tables-rondes incluant des praticiennes, ainsi que des représentantes du monde de l’édition, ou de collectifs engagés et militants proposant des opérations de traductions hétérodoxes. À ces présentations s’ajouteront aussi des moments de création permettant la découverte et la valorisation de pratiques de traduction féministe et de queerisation de la langue, à travers des ateliers de traduction. L’appel à contributions encourage aussi des propositions artistiques, comme des lectures performatives et des activités incarnées.

Axes de questionnement : 
•        Inclusion et visibilité en traduction
•        La traductrice dans le monde professionnel 
•        Nouveaux enjeux de visibilisation des traductrices (archives, journaux, présence en ligne, paratexte…)
•        La traductrice-créatrice (de texte, de néologismes, de stratégies différenciées)
•        Cartographies et réceptions de la traduction féministe 

Le colloque Plein feu sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction aura lieu du 22 au 23 octobre 2026 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle (4, rue des Irlandais 75005 Paris, Salle Athéna). Il s’inscrit dans une lignée de recherche féministe cherchant à remettre au centre de la scène les voix de praticiennes et de chercheuses. Cet évènement est organisé en collaboration avec le laboratoire PRISMES et le groupe de recherche TRACT (Université Sorbonne Nouvelle), le laboratoire IMAGER (Université Paris-Est Créteil) et l’université d’Oxford Brookes. Il relève du programme de recherche HERMES « Les écritures du matrimoine à l’ère du numérique : (re)découverte, découvrabilité et reconnaissance » de la Sorbonne Nouvelle et a le soutien de l’Institut du Genre. 

Le colloque sera ouvert par deux conférencières, Luise von Flotow (University of Ottawa) et Charlotte Bosseaux (University of Edinburgh).



Type :
Colloque / Journée d'étude
Lieu(x) :
Maison de la Recherche - 4 rue des Irlandais - 75005 PARIS
Partenaires :
 Oxford-Brookes University; University of Edinburgh; Feminist Translation Studies (revue et réseau)

mise à jour le 21 janvier 2026


Affiche


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Programme


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