Pierre-Etienne Bodel, pouvez-vous vous présenter ? Mon parcours est guidé par la curiosité et les rencontres. Souhaitant approfondir l’anglais et le russe, j’ai rejoint la Sorbonne Nouvelle en 2014 pour suivre une licence en langues étrangères appliquées, puis un master en négociation commerciale internationale. L’apprentissage des langues et de leurs applications au monde professionnel, au sein d’une promotion majoritairement composée d’étudiants internationaux, a été très enrichissant et donnait déjà l’impression d’évoluer dans un contexte professionnel international. Je me souviens notamment de ces moments, juste avant les cours, où l’on entendait 5 ou 6 langues se mêler dans le couloir. C’était une manière très concrète de ressentir l’aspect international de la formation. Pendant mes études, j’avais lancé, avec d’autres étudiants, un projet de création de Junior Entreprise : Sorbonne Nouvelle Conseil. Cette expérience m’avait profondément marqué. J’y avais découvert que j’aimais structurer un projet, travailler en équipe et donner forme à quelque chose qui n’existait pas encore. C’est ce premier pas dans l’entrepreneuriat, combiné aux expériences acquises dans le recrutement, qui m’a naturellement donné envie de créer
ICARE : retrouver l’énergie de la construction et mettre mes compétences au service d’un accompagnement plus large des entreprises et des candidats.
Quelles sont les missions de votre entreprise ICARE ? Lorsque nous avons décidé d’ouvrir notre cabinet de recrutement, notre ambition était de mieux recruter. Par cela, nous entendons améliorer tous les aspects du recrutement pour tout le monde, côté candidats comme côté entreprises. Nous sommes spécialisés dans l’accompagnement des PME, où le recrutement est trop souvent la deuxième ou troisième casquette d’une personne déjà très sollicitée. Côté candidat, nous adoptons toujours une approche personnalisée : nous prenons le temps de comprendre leurs parcours et leurs attentes, nous proposons des conseils à chaque étape du processus et nous faisons systématiquement des retours complets à chaque candidat. Côté entreprise, notre valeur ajoutée commence à l’annonce et va jusqu’au suivi des candidats une fois en poste. Nous les aidons à trouver des candidats plus rapidement et à identifier les profils les mieux alignés avec leurs objectifs, et pas simplement le “meilleur” parmi ceux qui ont vu leur annonce.
Lors de vos études à la Sorbonne Nouvelle, vous aviez, avec Dmitry Finkel, créé la première junior-entreprise de l’université. Comment cela s’est-il passé ? J’ai découvert par hasard, lors d’une réunion d’information, le concept de Junior-Entreprise. L’idée de pouvoir mettre en pratique les apprentissages théoriques de mon parcours universitaire m’a tout de suite plu. J’étais demandeur d’expérience tout en poursuivant mes études, donc j’étais très heureux de pouvoir me lancer dans ce projet avec Dmitry. Étant novice, j’ai pu compter sur l’accompagnement de Laetitia Faudière et de Brigitte Chotel, ainsi que sur l’engagement de plusieurs étudiants motivés. Nous avons tout appris sur le tas, en faisant de nombreuses erreurs à chaque étape, mais je suis très fier du chemin parcouru. Nous avions été en mesure de proposer des missions rémunérées à des étudiants de la Sorbonne Nouvelle, dans leur domaine de formation. Par exemple, nous avions proposé des missions de captation vidéo à des étudiants en cinéma pour des clients tels que Cambridge ou EY. Ces étudiants-consultants ont pu gagner en expérience, enrichir leur CV et être rémunérés pour leur travail. Pour ma part, cette mission m’a marqué parce qu’elle m’a demandé de pitcher un projet vidéo sans aucune expérience dans ce domaine, de chiffrer le budget, de gérer la location du matériel et de coconstruire un script. J’ai ensuite dû recruter les étudiants chargés du tournage et du montage, puis assurer la coordination entre les retours clients et les équipes. C’était à la fois complexe et formateur, et cela m’a beaucoup appris sur la gestion de projet.
Cette expérience vous a-t-elle servi pour créer votre entreprise ? Créer et développer Sorbonne Nouvelle Conseil a été une expérience parfaite pour me préparer à créer ICARE. J’utilise chaque jour les leçons et les méthodes qui avaient fait leurs preuves à cette époque. Les Junior-Entreprises, bien qu’opérées à 100% par des étudiants et sous un statut associatif, ont vocation à travailler pour des entreprises et à facturer leurs services. Le niveau d’exigence est le même que pour des professionnels. La création de la marque, la mise en place des processus et la construction de l’offre sont des compétences indispensables pour tout entrepreneur, junior ou pas. Je pense que Sorbonne Nouvelle Conseil a été un parfait terrain d’entraînement à l’entrepreneuriat et au monde du travail en général. J'ai également participé à faire connaître la Sorbonne Nouvelle et à promouvoir la qualité de nos formations auprès d’entreprises qui ne nous connaissaient pas ou peu. J’étais très heureux de contribuer, au développement de l’image de l’établissement et de sa notoriété auprès du monde professionnel mais également des autres écoles et universités.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiant·e·s de la Sorbonne Nouvelle ? Mon implication dans
Sorbonne Nouvelle Conseil a redynamisé ma scolarité grâce à la possibilité d'appliquer concrètement les cours que je suivais. Après plusieurs années dans l’établissement, j’avais l’impression de redécouvrir mon campus à travers mon nouveau rôle. J’ai rencontré de nombreux amis que j’ai toujours aujourd’hui, j'ai développé mon réseau et j’ai gagné en confiance grâce aux défis relevés au cours de cette aventure. Pour vraiment profiter de sa scolarité, s’impliquer même un minimum dans la vie du campus peut tout changer. Quelques rencontres ou événements suffisent parfois à ouvrir des portes. Dans mon cas, une réunion et un échange avec Brigitte Chotel ont fait que je suis aujourd’hui co-fondateur d’ICARE. Laissez-vous surprendre : il suffit parfois d’un projet, d’une rencontre ou d’un enseignant pour ouvrir des perspectives que l’on n’aurait même pas envisagées au départ
*En 2025-2026, le Master NCI devient le Master CTDN (Commerce Trilingue Durable et Numérique).