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Littérature Maghrébine, Littérature mondiale

le 13 mai 2026

 

Organisation : Tristan Leperlier et Mohamed-Salah Omri

Présentation : 
 
Ce colloque constitue la seconde rencontre d’un projet dirigé par Tristan Leperlier (CNRS) et Mohamed-Salah Omri (Oxford), qui vise à publier un volume dans la collection Literatures as World Literature chez Bloomsbury. En plus de la version anglaise, une version française et arabe sont envisagées. La première rencontre a eu lieu au congrès de MESA en Novembre 2025. Le livre portera sur la « littérature maghrébine » (à l’exclusion de l’Égypte) dans une perspective transnationale et plurilingue, englobant toutes les langues littéraires, orales ou écrites, employées dans la région, qu’il s’agisse de l’arabe, de tamazight (et leurs dialectes), du français, ou des langues de la diaspora. La période privilégiée est le XIX-XXIe siècle.
Le premier enjeu porte sur l’existence même d’une littérature « maghrébine », qui ne va pas de soi. Le Maghreb a été conçu très différemment suivant les époques, les langues et les projets politiques (al-Maghrib al-ʿArabi, Afrique du Nord en français colonial, Tamazgha…), et la nationalisation des littératures a constitué le processus dominant dans la région au XXᵉ siècle. Il s’agit plutôt d’interroger dans quelle mesure cette étiquette régionale a été utilisée, à quelles fins et avec quel succès ; comment elle s’est articulée à d’autres identifications (littératures nationales, mais aussi « méditerranéenne », « africaine »…) ; et dans quelle mesure il est possible d’identifier des pratiques ou des circulations régionales pouvant être qualifiées de « maghrébines ». Les analyses historiques portant sur les influences littéraires et/ou sur les réseaux qui transcendent les frontières nationales au niveau régional ou par le biais de pays tiers, qu’il s’agisse d’associations, de projets éditoriaux, de programmes universitaires ou de festivals de poésie orale, sont encouragées.
Un second ensemble de questions examine la place, souvent qualifiée de périphérique, des littératures du Maghreb dans leurs aires linguistiques respectives. De nombreux écrivains publient à l’étranger, notamment à Paris (pour le français) et à Beyrouth (mais aussi ailleurs, pour l’arabe) : ils en tirent une reconnaissance internationale, mais parfois au prix d’être accusé dans leur pays de déconnection, voire de flatter les goûts exotiques d’un public étranger. Au-delà de ces deux langues, une littérature tamazight unifiée émerge-t-elle, au-delà des divisions nationales ? Inversement, comment les écrivains diasporiques de première ou deuxième génération, qui utilisent le néerlandais, le catalan ou encore l’anglais, sont-ils intégrés aux canons nationaux des littérature maghrébines ?
Le troisième point porte sur la traduction des littératures maghrébines, que ce soit entre les langues locales, ou dans des langues étrangères. Quels sont les acteurs, institutions et politiques littéraires qui portent ces circulations ? Outre les auteurs auto-traduits, on pensera à des situations aussi différentes que les réseaux communistes de la guerre froide, les éditeurs pakistanais ou les traductrices féministes néerlandaises. Quelle visibilité, reconnaissance, et quelle réception de ces littératures dans leurs nouveaux contextes de publication ? 
Le dernier point étudie les usages maghrébins de l’« étranger », lié ou non aux (anciens) centres coloniaux. Quelles appropriations (et rejets) des discours et pratiques littéraires étrangers ? On pensera aux enjeux de la « modernité » de certains genres et styles littéraires, mais aussi à l’introduction de normes juridiques et professionnelles internationales (droit d’auteur, rôle de l’UNESCO ou des associations internationales d’éditeur…). Enfin, quels rapports aux représentations littéraires (Camus, Bowles…) et plus largement aux savoirs (par exemple universitaires) produits par des « étrangers » sur le Maghreb ? 
Au-delà des études de cas, on appréciera particulièrement les contributions adoptant une perspective socio-historique ou comparative, en particulier celles qui explorent l’articulation entre circulation des acteurs et des livres (régionale, Sud-Sud ou Sud-Nord), reconnaissance littéraire et processus de construction nationale. Chaque contribution veillera à traiter, d’une manière ou d’une autre, l’argument fédérateur de l’ouvrage et/ou à aborder un ou plusieurs des axes spécifiques mentionnés ci-dessus. Nous encourageons les contributeurs à consulter le site de la collection Bloomsbury afin d’en avoir une vue d’ensemble et d’y trouver des exemples précieux de publications similaires. https://www.bloomsbury.com/uk/series/literatures-as-world-literature/
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This colloquium is the second meeting of a project led by Tristan Leperlier (CNRS, Paris) and Mohamed-Salah Omri (Oxford) which aims to publish a volume in Bloomsbury series Literatures as World Literature. In addition to the English version, French and Arabic versions are being considered. The first meeting was held at the MESA conference in DC in November 2025. The project explores “Maghreb literature” (excluding Egypt) from transnational and plurilingual perspectives, encompassing all literary languages used in the region - oral or written - including Arabic, Tamazight (and their dialects), French and diaspora languages. The period privileged for analysis is the 19th-21st centuries.
The first set of questions addresses the very existence of a “Maghreb” literature. Such existence should not be taken for granted. The Maghreb has been conceived very differently depending on the languages, the times, and the political projects (al-Maghrib al-ʿArabi, Afrique du Nord in colonial French, Tamazgha…) while integration along nation-state line has been the main process in the region in the XXth century. To what extent this regional label has been used, to what purpose, and with what success? How does it relate to other identifications (the national identification, but also Mediterranean, African…)? To what extent can we locate practices or circulation which can be deemed regional? Historical analyses of literary influences and/or networks—journals, festivals of oral poetry, associations, university curricula which connect or transcend borders, whether within the region or via third countries, are encouraged. 
The second set examines the positioning of literatures from the Maghreb, often considered peripheral, within their linguistic areas. Many writers publish abroad, particularly in Paris (for French) and Beirut (elsewhere too, for Arabic), gaining international recognition but sometimes facing accusations of disconnection at home and of catering to a foreign readership. Beyond those languages, is a unified Tamazight literature emerging across nation-state borders? Conversely, how are first or second-generation diasporic writers using languages like Dutch, Catalan, or English, in relation to the national canons in the Maghreb? 
The third set of interrogations focuses on the translation of the diverse Maghreb literatures within the region’s languages and into foreign languages. What are the actors, institutions and literary policies driving these circulations? In addition to self-translated authors, examples include Cold War Communist networks, Pakistani publishers, or feminist Dutch translators… How are they received in new contexts of publication, what is their visibility, recognition?
The final point examines Maghrebi uses of the “foreign,” whether connected or not to (former) colonial centers. What are the forms of appropriation (and rejection) of foreign literary discourses and practices? This includes the issue of the so-called “modernity” of certain literary genres and styles, as well as the introduction of international legal and professional norms (copyright, the role of UNESCO or international publishers’ associations, etc.). Finally, what types of tensions exist with literary representations (Camus, Bowles…) and, more broadly, with forms of knowledge (for instance, academic) produced by “foreigners” about the Maghreb?
Case studies are welcome, but contributions offering socio-historical or comparative perspectives are preferred, especially those which explore the interplay between writers/ stakeholders and book circulations (regional, South-South, or South-North), literary recognition, or processes of nation building. Each contribution should aim to address in some way the unifying argument of the book and/or address one or more of the specific axes mentioned above. We encourage contributors to visit the Bloomsbury series website for overview and valuable examples of similar publications. https://www.bloomsbury.com/uk/series/literatures-as-world-literature/
 

Type :
Colloque / Journée d'étude
Lieu(x) :
Centre Jacques Berque
Rabat, Maroc
Partenaires :
 

mise à jour le 9 février 2026


Affiche


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Programme


Programme

Participation


Merci d’envoyer votre proposition (300 mots) accompagnée d’une courte bio-bibliographie à tristan.leperlier@cnrs.fr et mohamed-salah.omri@ames.ox.ac.uk d’ici le 6 mars 2026.

Pease send 300 words abstract and bio to tristan.leperlier@cnrs.fr and mohamed-salah.omri@ames.ox.ac.uk by 6 March 2026.