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Les usages politiques de la complainte en Italie du XIIIe au XVe s.

du 19 novembre 2026 au 20 novembre 2026

Organisation : 

Laurent Baggioni, Patrizia Gasparini

Présentation : 

La journée d’études sera consacrée à une réflexion sur les usages politiques de la complainte en Italie aux XIVe et XVe s. Le « lamento » peut être envisagé comme le genre littéraire de la contingence, à la fois réaction à la réalité douloureuse d’une perte individuelle ou d’une défaite militaire, tentative de l’appréhender en lui donnant une expression poétique et, finalement, instrument pour intervenir sur cette même réalité. Les spécificités du lamento italien méritent une réflexion approfondie, tout d’abord en évaluant les traits communs avec la tradition romane (le planh occitan, la complainte française) et médiolatine, pour en dégager ensuite les éléments propres à la production italienne. 
Les potentialités rhétoriques des lamenti pourront être analysées à partir de la variabilité de la forme métrique. Celle-ci sera évaluée en prenant en compte, à côté des formes de la ballade et de la chanson/serventese, celles des cantari et des capitoli (De Robertis 1984, Bettarini Bruni 1984). Le but est double : explorer, d’une part, l’hybridisme entre forme lyrique et composante narrative (Cabani 1989, Varanini 1968) et étudier, d’autre part, comment la voix qui se charge de l’expression poétique peut prendre une force politique et pour quel public (Moschetti 1897). L’instabilité sociale et géopolitique de l’Italie médiévale pousse les interprètes à livrer leur propre vision, en adoptant un rôle pour s’exprimer publiquement. Leurs voix nous guident et permettent de saisir les points de vue de leurs auditoires. Si Dante pouvait affirmer, dans le De vulgari eloquentia, qu’il n’y avait pas, à son époque, de poésie des armes, il y avait pourtant une poésie de la contingence, comme l’a montré Paolo Borsa. Guittone en fut l’une des voix les plus puissantes. 
Les lamenti du XIVe et du XVe s. n’auraient pas, eux non plus, trouvé grâce aux yeux de Dante. Les Sacchetti, les Pucci, les cantari anonymes s’attachent pourtant à se faire les interprètes d’une réalité douloureuse et complexe. 
Cette réalité affleure aussi dans la « poesia alta ». Il pourrait être pertinent d’associer à cette réflexion sur une poésie « popolare » (Medin-Frati 1887-1894) l’attention à un Pétrarque s’adressant à la prosopopée de ‘son’ Italie pour proclamer l’urgence de sa pensée face à la « crudel guerra » portée dans les « belle contrade » par les « pellegrine spade » (Rvf, 128).
 

Type :
Colloque / Journée d'étude
Lieu(x) :
Maison de la recherche et Campus Nation

mise à jour le 5 février 2026


Affiche


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Programme


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