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du 4 novembre 2026 au 6 novembre 2026
Depuis les débuts de la photographie de théâtre, le médium photographique joue un rôle central dans la mise en image des spectacles en général, contribuant à la promotion et à la diffusion des arts scéniques. Qu’il s’agisse du théâtre proprement dit, ou, à partir de 1895, du cinéma (avec notamment les photographes de plateau), les photographes développent des pratiques spécifiques pour capturer l’intensité dramatique des représentations et la présence des artistes. Cette spécialisation s’étend également au music-hall, au cirque, à l’opéra et à la danse, dont la photographie devient un outil essentiel pour capter les performances, fixer la mémoire voire la tradition, accompagner la carrière des interprètes et nourrir l’imaginaire du public.
La professionnalisation des photographes du spectacle suit ainsi l’évolution des formes scéniques et des modes de diffusion des images. Leur rôle ne se limite pas à la documentation : leurs prises de vue influencent la perception des spectacles, par des clichés réalisés en studio, sur scène ou en coulisses, et publiés dans la presse, les affiches, les programmes et même les livres.
Par ailleurs, en élargissant la notion, il est possible d’envisager certaines formes de rites – religieux, sociaux ou politiques – comme des mises en scène codifiées, engageant des corps, des gestes et des espaces scéniques spécifiques, que la photographie érige précisément en spectacle. Par son pouvoir de fixation et de mise en récit, elle participe à la construction visuelle de ces manifestations collectives, comme elle le fait pour le théâtre et le cinéma.
Ce colloque propose d’interroger la manière dont les métiers de photographe se sont structurés autour de la représentation du spectacle dans une acception large. Il s’agira donc d’examiner les conditions de production et de diffusion de ces images, ainsi que leur impact sur la perception des arts scéniques et des pratiques spectaculaires, à partir notamment des axes suivants et des questions qu’ils permettent de formuler :
· Professionnalisation des photographes du spectacle :
Quels sont les parcours et les stratégies de reconnaissance des photographes spécialisés dans le spectacle vivant et le cinéma ? Quels liens entretiennent-ils avec les producteurs, les distributeurs, les institutions culturelles, les artistes et la presse ? Quelles passerelles peut-il exister entre d’autres métiers de photographe (mode, photographie industrielle, etc.) et photographie de spectacle ?
· Techniques et esthétiques de la photographie de spectacle :
Comment la photographie capte-t-elle la mise en scène, le mouvement et l’intensité des performances ? Quels procédés sont privilégiés selon le type de spectacle (théâtre, cinéma, opéra, danse, music-hall, cirque) ? Quels éclairages sont privilégiés et en quoi modifient-ils la perception du spectacle ? Quels points de vue sont adoptés pour photographier les spectacles (jusqu’au cas extrême des photographies aériennes de Pablo Reinoso pour Le Mahabarata de Peter Brook à la carrière de Boulbon) ?
· Circulation et usages des photographies de spectacle :
À travers quels canaux ces images sont-elles diffusées (affiches, journaux, archives, expositions) ? Quelle influence exercent-elles sur la perception et la postérité des spectacles ? Comment rémunèrent-elles les photographes qui s’y adonnent et quelles ouvertures professionnelles leur offrent-elles au-delà du spectacle ?
· Spectacle et ritualité :
En quoi la photographie contribue-t-elle à la spectacularisation de certaines formes de rituels ? Quels parallèles peut-on établir entre la captation photographique du spectacle et celle des rites sociaux ou religieux ? En quoi peut-elle elle-même contribuer à ritualiser certaines formes de spectacles ?
Ce colloque international, initié dans le prolongement d’une journée inaugurale, souhaite ainsi étudier les interactions entre l’image photographique et le monde du spectacle, à la lumière du métier et des pratiques de photographe du/de spectacle, du XIXe siècle au XXe siècle. Il s’agira donc d’examiner la photographie non seulement comme un outil de documentation et de promotion, mais aussi comme un acteur essentiel de la mise en scène et de la mémoire des arts du spectacle, à l’aune des pratiques professionnelles des photographes.
Comité scientifique
Paul-Louis Roubert, HAR, Université Paris Ouest-Nanterre et Société Française de Photographie
Laurent Guido, IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle
Arnaud Rykner, Institut Universitaire de Fran ce et IRET, Université Sorbonne Nouvelle
Stylianos Kuprayos, IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle
mise à jour le 22 janvier 2026