Rencontre 1
Les vocalités dans les Sciences du langage
Coordinatrice principale et organisatrice de cette journée: Marie-Christine Lala
En collaboration avec Clara de Courson et Claire Pillot-Loiseau
Même si le champ de la linguistique de l’énonciation a ouvert de riches perspectives, la voix reste un objet d’étude complexe entre vocalité, oralité, et musique.
La notion de vocalité est « à la fois très spécifique, mais aussi applicable à un grand nombre d’objets » (Meizel 2020 : 184). En effet, au départ rapportée à ce qui appartient à la voix, ou bien à la qualité attribuée à une voyelle quant à son timbre, la vocalité décrit toutes les manifestations de la voix – qui parle, chante, pleure, rit – prenant en compte le contenu linguistique tout en le dépassant. Meizel (2020 :188) la conçoit comme « quelque chose qui englobe l’acte de vocalisation et l’intégralité de ce qui est en train d’être vocalisé, c’est à dire une série de sons vocaux, de pratiques, de techniques et de significations qui incluent la construction culturelle et la négociation de l’identité ». En outre, « Cette écriture chantée de la langue » (Barthes, 1972 : 61) peut selon Zumthor (1987) constituer une intersection entre oralité et écriture, ou bien un troisième domaine à côté d’elles (Schaefer, 1993) démontrant alors « l’importance continue de la voix (orale) même en présence de l’écriture (Meizel, 2020 :188).
Cette demi-journée de l’ED 661 a pour but d’interroger la notion polysémique de vocalité et sa conceptualité dans les Sciences du langage en adoptant trois angles d’approche : vocalités vocales et musicales, vocalités stylistiques, vocalités discursives. Elle se veut transdisciplinaire et ouverte aux mastérant.e.s, doctorant.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’USN et d’autres universités franciliennes et francophones. En particulier, l’interdisciplinarité inhérente au sujet proposé invite à la rencontre les doctorant·es et enseignant·es chercheur·es des ED 120 (Littérature française et comparée) et 661, dans l’optique de collaborations futures (à construire) entre linguistique et littérature, mais aussi ED 267 (Arts et médias), avec la possibilité de contacts entre musicologues et linguistes.
La vocalité sera abordée en lien avec :
(1) la matérialité de la voix et de la voyelle par l’analyse linguistique en phonétique au regard de plusieurs techniques vocales chantées (intervention de Claire Pillot-Loiseau)
(2) ses rapports avec l’écrit par la stylistique et le renouveau de son paradigme par les « variations » dans l’art d’écrire (Intervention de Clara de Courson)
(3) l’analyse du discours par la théorie polyphonique de l’énonciation, sémantique discursive et fonction poétique du langage (intervention de Marie-Christine Lala)
Rencontre 2
Titre provisoire : Accents régionaux ou sociaux : des notions en question, des notions dépassées ?
27 avril 2026 de 14h à 18h salle Athéna
Coordinatrice principale et organisatrice de cette journée: : Maria Candea (Clesthia) et James Costa (Lacito)
Objectif de la demi-journée : Susciter des dialogues entre membres de différents laboratoires autour de la notion d’accent (régional ou social), thème étudié à la fois en phonétique et en sociolinguistique, et même en analyse du discours littéraire sur l’oral représenté.
L’angle choisi pour cette journée est plutôt celui de la sociolinguistique critique. Des catégories anciennes des discours communs sont questionnées et critiquées en sociolinguistique depuis un certain temps, notamment par les intervenants pressentis, au même titre que d’autres catégories de sens (comme celle de locuteur « natif », ou « langue maternelle »).
La demi-journée a l’ambition de résumer les débats actuels autour des « accents » régionaux et sociaux, surtout à partir de données sur le français mais en ouvrant la discussion à toute autre langue étudiée dans notre ED. Le but principal ne se borne pas à mettre en avant les limites et les impasses de la notion d’accent (notamment régional) dans son fonctionnement discursif mais vise à susciter des échanges sur les manières de dépasser ces impasses, y compris par des réflexions sur la didactisation de la variabilité des prononciations régionalement ou socialement marquées.
Les invités proposeront des discussions à partir d’extraits de corpus pour favoriser un format « atelier » sur une partie de la rencontre.