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Conférence de Laurence Vignes: "À quels récits collectifs de la transition climatique adhèrent-ils? Enquête sur un groupe d’étudiants de L2 Sciences du langage"

le 1 avril 2026
14h

Dans le cadre du séminaire Discours du Développement Durable, Laurence Vignes de l'Université de Rouen Normandie (DYLIS UR 7474) présentera une communication (voir résumé ci-dessous):

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À quels récits collectifs de la transition climatique adhèrent-ils ?

Enquête sur un groupe d’étudiants de L2 Sciences du langage.


Dans un objectif de diffusion du savoir scientifique dans l’enseignement supérieur, le label DD&RS, crée en 2015, incite à sensibiliser tous les étudiants de licence aux questions de « Développement Durable et Responsabilité Sociétale ». En charge d’une partie de ces enseignements, j’ai suivi une cohorte d’étudiants de Sciences du langage sur deux années, et les ai sondés à plusieurs reprises sur leurs représentations et points de vue sur ces questions. Il apparait que ces jeunes étudiants (20 ans en moyenne) s’ils se sentent très concernés par les problèmes d’environnement et l’écologie, ne s’engagent pas souvent dans des actions concrètes. Ils s’estiment également assez mal informés et sont surtout très écoanxieux. 

Face à ce pessimisme, il m’a semblé intéressant d’interroger ces jeunes étudiants sur leurs croyances et leurs affinités quant aux récits collectifs de la transition climatique (Wagener, 2023 ; Wallenhorst & Theviot, 2020 ; Wallenhorst, 2022). Se sentent-ils plus proches du récit climatosceptique, de celui du productivisme vert, du récit « californien » ou de celui des « colibris » ? Sont-ils séduits par le récit dissonant du « en même temps » ou par celui évoquant la nécessité de sortir du néo-libéralisme ? Il s’agit d’approcher les mécanismes de l’adhésion à ces récits prospectifs, et le rapport au monde vivant et naturel mis en scène par chacun d’eux (Descola & Pignocchi, 2022). La question est d’importance, car contrairement aux seules connaissances qui restent impuissantes à impulser les changements indispensables à la préservation de l’habitabilité de la terre (Latour & Schultz, 2022 ; Ripoll, 2023) ces nouveaux récits et les imaginaires qui les sous-tendent (Colé, 2024) constituent des leviers puissants de changement (Dion, 2018 ; Servigne et al., 2018).

 

Colé J. (2024) Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire. ADEME. 

http://www.librairie.ademe.fr

Descola, P. & Pignocchi, A. (2022) Ethnographie des mondes à venir. Seuil.

Dion, C. (2018) Petit manuel de résistance contemporaine. Actes Sud.

Latour, B. & Schultz, N. (2022) Mémo sur la nouvelle classe écologique. La Découverte.

Ripoll, T. (2023) Pourquoi je prends ma douche trois minutes de trop ? Sciences Humaines Editions.

Servigne, P, Stevens, R. & Chapelle, G. (2018) Une autre fin du monde est possible. Seuil.

Wagener, A. (2023) Blablabla En finir avec le bavardage climatique. Le Robert.

Wallenhorst, N. & Theviot, A. (2020) « Articulation du politique en Anthropocène et de l’Anthropocène en politique », Raisons politiques n° 77 (5-34).

Wallenhorst, N. (2022) Qui sauvera la planète ? Actes Sud.


Type :
Conférence
Lieu(x) :
Université Sorbonne Nouvelle (campus Nation)
8 avenue de Saint-Mandé, 75012 PARIS
salle BR02

mise à jour le 9 mars 2026